Un patrimoine équilibré ne s’apprécie pas uniquement à l’aune du montant total, mais également par la répartition entre sécurité, rendement et liquidité. En Suisse, cette notion de répartition prend une autre dimension avec la place prépondérante de l’immobilier, le poids des liquidités de précaution et le rôle des placements au sein d’un environnement fiscal et économique particuliers. Entre valeur refuge, réserve à portée de main et capital investi, chaque choix impacte la structure du patrimoine dans son ensemble.

Pourquoi l’immobilier est-il si présent dans le patrimoine suisse ?

Dans la gestion de patrimoine en Suisse, l’immobilier a une place à part car il réunit l’aspect sécuritaire, l’utilité dans le quotidien et la fonction de réserve de valeur.

Dans ce type d’arbitrage, il peut être utile de se faire accompagner par un conseiller financier à Lausanne afin de relier les décisions immobilières, fiscales et financières à une situation personnelle ou professionnelle précise.

Dans un pays où la richesse moyenne est très élevée, où la stabilité politique est durable et où le cadre fiscal est relativement lisible, il n’est pas étonnant qu’une grande part du patrimoine des ménages suisses soit directement ou indirectement liée à la pierre. Cette position centrale s’explique aussi par une culture financière peu aventureuse qui a été confortée par les règles en matière de financement qui empêchent un endettement excessif et obligent à envisager les investissements sur le long terme plutôt que sur des spéculations à court terme.

Pour évaluer cette exposition, vous pouvez utiliser une méthode simple : partez du total du patrimoine puis retranchez l’épargne disponible ainsi que les placements financiers en actions. La différence permet d’apprécier la part qui est immobilisée dans l’immobilier (résidence principale, bien de rendement, immobilier papier). D’ailleurs, même si l’on peut considérer que l’immobilier joue un rôle central dans un bon équilibre patrimonial, la Suisse offre un accès important aux marchés internationaux via ses banques et ses structures d’investissement. Il n’est donc pas nécessaire que toute votre stratégie repose sur la pierre ! L’immobilier demeure essentiel mais doit être envisagé comme un pan parmi d’autres d’un patrimoine équilibré.

Pour les épargnants qui souhaitent conserver une exposition à la pierre sans acheter un bien en direct, les solutions d’investissement immobilier sans acquisition directe permettent aussi d’aborder la question sous l’angle de la diversification.

Quel montant de liquidités garder pour rester serein  ?

La problématique des liquidités ne se résume pas à la seule question du « matelas » à garder.

Elle consiste d’abord à déterminer les besoins réels à court terme, sur deux à cinq ans, puis ceux du moyen terme, autour de huit à dix ans, sans immobiliser indûment des sommes destinées à un horizon bien plus éloigné. Les liquidités et autres placements très disponibles ont vocation à financer les dépenses attendues, les imprévus et les projets dont la date est connue. Cette poche permet de ne pas avoir à vendre d’actifs au plus mauvais moment, en cas de baisse des marchés ou de dépense urgente.

Cette poche de liquidités peut être décomposée entre comptes de trésorerie, produits d’épargne réglementés selon le pays de résidence, assurance-vie prudente ou obligations de bonne qualité, en fonction du degré de disponibilité souhaité. L’idée n’est évidemment pas de tout laisser en cash. Une épargne peu ou mal rémunérée est perdante si son rendement est inférieur à la croissance économique et à l’inflation.

En outre, une fois les projets proches couverts, les liquidités ont vocation à être investies.

Un profil prudent pourra ainsi rechercher une part importante de liquidités et d’obligations au sein d’un portefeuille complété par un peu d’assurance-vie, d’immobilier papier et d’actions. À l’inverse, un profil dynamique réduira sensiblement la poche cash au profit des actions, de l’immobilier et de la prévoyance long terme type 3e pilier. Le bon niveau dépend moins d’une règle établie que du rythme de vie, des charges et de sa tolérance au risque.

Comment intégrer les placements financiers sans déséquilibrer son patrimoine ?

Rappelons que la fonction des placements financiers est de faire fructifier le patrimoine sans pour autant mettre tous ses œufs dans le même panier.

En répartissant son épargne entre liquidités, obligations, actions et immobilier, on limite l’impact d’un accident sur un marché donné. Les actions sont indispensables pour la valorisation à long terme de notre patrimoine, mais elles ne sont supportables que si l’on peut accepter leur volatilité. Il faut donc se poser la question de savoir, avant de posséder beaucoup d’actions, si l’on serait capable de supporter une baisse temporaire de 30 à 40 % de leur valeur sans céder à la panique et vendre dans le feu. Une approche simple consiste à raisonner en termes de pyramide d’investissement : en bas, on place la sécurité et la liquidité, au milieu l’équilibre et l’efficacité fiscale et au sommet la croissance. Dans ce schéma, on peut construire sa stratégie en trois étapes : quel niveau d’épargne est nécessaire ? quelle exposition acceptable aux actions ? quelle place pour l’immobilier ? Souvent via des ETF (Exchange Traded Funds), la diversification géographique et sectorielle permet d’éviter de dépendre d’un pays, d’une devise ou d’un secteur.

Pour réussir votre stratégie d’investissement équilibrée et pérenne, il convient de respecter plusieurs étapes clés.

Il faut d’abord évaluer son profil investisseur afin d’identifier sa tolérance au risque, son horizon d’investissement et ses objectifs.

La mise en place d’un plan d’épargne régulière peut ensuite permettre de lisser les points d’entrée sur les marchés, notamment grâce à des versements automatiques.

La sélection des supports doit rester adaptée au profil de chacun, avec des produits diversifiés et suffisamment transparents, comme les fonds indiciels ou les ETF.

Il convient aussi d’optimiser la fiscalité en utilisant les enveloppes favorables selon sa situation, sans laisser l’avantage fiscal prendre le dessus sur la cohérence globale.

Un bon pilotage suppose enfin de suivre et ajuster régulièrement la stratégie afin de rééquilibrer le portefeuille en fonction de la conjoncture et de sa situation personnelle.

Pour les investisseurs internationaux ou frontaliers, il faut également prendre en compte les devises, car protéger son patrimoine contre le risque de change est essentiel.

Les erreurs à éviter sont connues. Placer trop d’argent sur ses livrets d’épargne, acheter des actifs trop techniques ou bloquer une partie de son capital dans des placements peu liquides… La capitalisation et les intérêts composés se récompensent surtout dans la durée. D’où l’intérêt d’adopter une stratégie simple à comprendre, cohérente avec son profil investisseur, ses revenus et ses dépenses. Pour les frontaliers, la gestion des devises entre également en ligne de compte : il vaut mieux tenir compte de la monnaie dans laquelle on perçoit son salaire, on consomme et on investit. Généralement un réexamen annuel suffit pour rectifier le tir sans succomber à l’inversion boursière.

Pourquoi faut-il anticiper la fiscalité et le financement immobilier ?

La performance d’un patrimoine ne se limite pas au rendement théorique des actifs.

La fiscalité peut fortement impacter le résultat net, notamment lorsque la résidence fiscale, les revenus et les investissements sont logés dans des pays différents. Pour un résident français, les évolutions récentes ou à venir autour de la fiscalité du capital, de l’immobilier ou encore de la flat tax peuvent modifier l’intérêt relatif de certains supports. Cette incertitude justifie parfois une diversification internationale raisonnée, non pas pour complexifier la gestion mais pour ne pas être trop dépendant d’un seul environnement fiscal.

Le financement immobilier n’échappe pas à cette analyse en amont. En Suisse, les conditions d’emprunt, le niveau de l’apport exigé ou encore les modalités d’amortissement ont une incidence directe sur l’équilibre global du patrimoine. Le marché hypothécaire fait d’ailleurs l’objet d’un suivi attentif par la FINMA, ce qui rappelle l’importance de traiter le crédit immobilier comme un élément structurant du patrimoine, et non comme un simple taux à comparer.

Pour les frontaliers franco-suisses, la problématique est plus technique dans la mesure où il convient d’articuler plusieurs devises, plusieurs régimes fiscaux et parfois des objectifs qui se partagent entre les deux pays. Le bon arbitrage ne consiste pas à comparer un taux de crédit à un rendement locatif mais à apprécier l’effet combiné du financement de l’acquisition, de son imposition et du risque de change sur plusieurs années.

À quel moment bénéficier d’un accompagnement patrimonial sur-mesure ?

À partir du moment où les objectifs ne se limitent plus à la seule constitution d’une épargne de précaution, l’accompagnement se révèle utile.

Se constituer une épargne de précaution, générer des revenus complémentaires, préparer une retraite, financer les études des enfants, transmettre un capital… autant de finalités qui ne requièrent pas les mêmes choix. Le besoin d’un suivi sur-mesure peut également se faire sentir lorsque son patrimoine est éparpillé dans la pierre, les comptes bancaires, la prévoyance, les placements financiers et réparti sur plusieurs cieux fiscaux. Ici, la problématique n’est plus de trouver le bon produit mais bien de transformer des éléments disparates en une stratégie claire et lisible, avec des priorités affichées, un calendrier défini et un risque financier assumé.

Par ailleurs, ce suivi a toute sa valeur dans la durée. Les marchés fluctuent, votre situation familiale évolue et donc votre fiscalité.

De plus, à 60 ans votre espérance de vie est encore longue. Il faut donc souvent continuer à investir après 60 ans plutôt que de basculer votre patrimoine en totalité en liquidités. Un accompagnement patrimonial de qualité sert à vous aider à adapter le bon dosage entre sécurité/rendement/transmission sans pour autant bouleverser totalement votre stratégie à chaque frémissement des marchés financiers. L’idée n’est pas de déléguer votre prise de décision mais bien d’être outillé afin d’y voir plus clair et agir avec méthode.