Conférences en ligne - Entrevues - mp3 - Hebdomadaire - Association pour le Maintien d’une Information Indépendante : AMII
Conférences en ligne - Entrevues - mp3 - Hebdomadaire - Association pour le Maintien d’une Information Indépendante : AMII
Il n’est pas inutile tout d’abord de rappeler et de ne jamais oublier qu’une grande partie des médias est détenue par de grands groupes industriels et financiers. Il faut le répéter toujours ! (…) tous ces patrons adhérent à l’ensemble des doxas économiques libérales dont une des plus en vue actuellement, et qui fait que nous avons eu la réforme des retraites, concerne la diminution drastique des dépenses de l’état qui gouverne les politiques actuelles, vis-à-vis des retraites, les coupes sombres sur la sécurité sociale, la diminution du nombre de fonctionnaires… Ils adhérent à ce principe de façon évidente ! La majorité de ces grands patrons de presse sont des amis de NS et étaient présents le soir de sa victoire à la brasserie le Fouquet’s. Ils font partie de ceux qui soutiennent le plus fortement sa politique et notamment sa dernière réforme des retraites. Il ne faut jamais l’oublier ! Il ne faut jamais oublier que les propriétaires étaient pour cette réforme. C’est fondamental ! »
Depuis la naissance de la critique organisée des médias apparue à la suite du mouvement social de 1995 (retraite, sécurité sociale) et principalement incarnée par l’observatoire des médias Acrimed (Action-Critique-média) [1] dont l’objet est d’informer sur « l’information, les médias et le journalisme », jusqu’aux derniers évènements de l’automne 2010, quelles perspectives et leçons tirer du point de vue du rapport d’intérêt contradictoire qui réside sociologiquement et économiquement entre mouvement social et médias dominants ?
« Il existe toujours une grande partie des militants et des syndicalistes qui continuent de se comporter face aux médias et aux journalistes avec une grande naïveté ».
Selon le journaliste Gilles Balbastre, « les chiens de garde » [2] décrits par Serge Halimi et Pierre Bourdieu détiendraient encore le monopole de l’accès aux moyens de diffusion. Cet état de fait délimiterait plus que jamais les formats contraignants de la prise de parole des personnes ordinaires dans les médias. Quand il ne s’agirait pas tout simplement de voir s’opérer devant tout à chacun, la transformation de revendications sociales sous forme de produits informationnels renouvelables et consommables dont la portée politique s’en trouverait alors détournée voire combattue…
Une prise de parole qui continuerait donc de faire l’objet d’un travail de domestication afin de produire des manières « reconnues » et « légitimes » d’investir l’espace public, dans le but de préserver un certaine ordre établi. Gilles Balbastre rappelle vigoureusement la mainmise de l’oligarchie [3] sur la quasi-totalité des grands titres de l’information, hors la presse indépendante, dernière qui occuperait une place marginale et qui ne disposerait que d’une faible portée, sur le plan quantitatif, pour le moins…
Gilles Balbastre Mp3 durée : 45'58
Il y a des erreurs dans les champs ci-dessous, veuillez vérifier votre envoi.
« De quelle façon les médias et les journalistes s’emparent d’un mouvement social ? Pourquoi ces médias ne peuvent adhérer à un mouvement social comme celui de l’automne 2010 ? En quoi le but et les principes d’un tel mouvement social sont aux antipodes des intérêts de la majorité des médias et de leurs pratiques économiques et sociales ? Comment ces médias, à partir du moment où ils se sont emparés d’un mouvement social, le polluent, le dévoient, l’orientent, à partir de principes internes à leur secteur, à leur champ, dans une voie qui ne correspond en aucune façon à l’intérêt des initiateurs et des acteurs de ce mouvement social ? »
Captation sonore réalisée le Vendredi 28 janvier 2011, à Lille, un document produit et diffusé par Passerellesud média libre.
http://passerellesud.org/Gilles-Balbastre-medias-et.html
[2] Les nouveaux chiens de garde un livre de Serge Halimi aux éditions Liber-Raisons d’agir, novembre 2005, 160 p.
[3] Référence à notre article intitulé : L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie
« Pour une civilisation sans monnaie »
Journalisme
0 5