Conférences en ligne - Entrevues - mp3 - Hebdomadaire - Association pour le Maintien d’une Information Indépendante : AMII
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(…) C’est par des informations étendues et exactes que nous voudrions donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes, les événements du monde. La grande cause socialiste et prolétarienne n’a besoin ni du mensonge, ni du demi-mensonge, ni des informations tendancieuses, ni des nouvelles forcées ou tronquées, ni des procédés obliques ou calomnieux. Elle n’a besoin, ni qu’on diminue ou rabaisse injustement les adversaires, ni qu’on mutile les faits. Il n’y a que les classes en décadence qui ont peur de toute la vérité (…)
Dans cette conférence, Edwy Plenel fait référence à de nombreuses figures historiques de la pensée critique, de la philosophie et du journalisme. Elles définissent un corpus intellectuel qui permet de penser le rôle de la presse vis-à-vis de la liberté des citoyens, face aux tentatives et aux risques de confiscation que pourrait opérer « de nouvelles aristocraties de naissance, du savoir, du pouvoir, de la propriété » sur notre démocratie. « Pour qu’il y ait un monde commun démocratique (…) il faut qu’il y ait un minimum d’accords construits ensemble sur des vérités de fait ». Il attire, en particulier, l’attention sur la notion de "vérité de fait" développée par Hannah Arendt. Au delà de la critique légitime portée aux chiens de garde de la démocratie, Edwy Plenel pense qu’il faudrait un « écosystème » qui permette l’épanouissement de l’honnêteté et de la rigueur des journalistes, un système fondé sur cinq points qu’il développe. Enfin, il fait une mise en garde contre ce qu’il appelle « le risque d’une société de fiction ».
Edwy Plenel Mp3 durée 61’00
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Journaliste au Monde de 1996 à 2004, mis sur écoute illégalement par l’Elysée [1] pour avoir tenu tête à un président, parmi d’autres… Edwy Plenel est directeur de publication de Médiapart.fr, Pure Player dont il est président et fondateur. Il est aussi écrivain et professeur associé à l’université de Montpellier I.
Ce document audio original produit et diffusé par Passerellesud a été enregistré le 31 Janvier 2010 à Lille, dans le cadre du cycle de conférences donné par l’Université Populaire de Lille, intitulé « Journalistes et citoyens : du devoir de s’informer à la responsabilité d’informer ».
Note de la rédaction :
Pour favoriser la circulation des savoirs et participer ici, à l’histoire de la production de la culture de l’information, celle qui comprend le rapport que l’on entretient vis-à-vis de l’information et qui échappe au domaine de l’information journalistique, nous diffusons cette intervention dans un esprit d’ouverture et de recul critique.
Le droit à l’information.
« Voilà ce que je voulais poser en premier point. Il y a un droit à l’information qui n’est pas notre propriété à nous journalistes, qui est votre nécessité. C’est pour cela que, quelles que soient les critiques que l’on peut faire au journalisme tel qu’il se pratique, l’exigence de droit à l’information doit être une exigence profonde venue de la société elle-même. Laisser les journalistes à leur propre sort, ce n’est pas laisser une corporation de côté, c’est oublier de s’occuper d’un droit qui nous appartient. Le droit à l’information n’est pas un privilège des journalistes, c’est un droit des citoyens ».
L’enjeu du droit à l’information.
« Le rapport à la vérité, même si elle dérange, (…) l’enjeu pour nous citoyens par rapport aux journalismes, c’est que nous avons tous -y compris les journalistes - des convictions, des préjugés, des sensibilités voir des croyances. (…) L’enjeu c’est que puisse surgir des vérités qui nous font réfléchir, qui nous font changer, qui nous font bouger (…) qui nous évite de trop grande dépressions démocratiques. Ne pas accorder d’importance à cet enjeu, c’est prendre le risque de corrompre (…) les causes de transformations sociales, économiques et démocratiques, s’il n’y a pas ce rapport construit à la vérité (…) et donc tout l’enjeu (…) c’est comment amener les journalistes à être capables de produire des informations qui vont -y compris- les déranger eux-mêmes ».
Les conditions nécessaires pour une information de qualité.
Le risque d’une société de fiction.
« Dans notre époque moderne, se construit cette tentation des pouvoirs de nous raconter des histoires, de nous mettre dans des fictions, de nous déréaliser, de nous sortir du réel (…) c’est ce qu’on a vu autour de l’après 11 septembre (…) ayez peur et je m’occupe du reste (…) politique de la peur (…) il y a là un enjeu démocratique essentiel ».
http://passerellesud.org/Edwy-Plenel-etre-journaliste-et.html
« Pour une civilisation sans monnaie »
Journalisme
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