Conférences en ligne - mp3 - Hebdomadaire - Association pour le Maintien d’une Information Indépendante : AMII
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Au titre des contributions, aptes à clarifier et énoncer simplement les questions à résoudre pour aller de l’avant, à hauteur des suites à trouver dans les luttes « citoyennes », Passerellesud relaie le travail effectué par deux jeunes chercheurs en sciences politiques, Sophie Beroud et Karel Yon.
Ces deux chercheurs formaliseraient ce qu’il faudrait aux citoyens, appréhender et bousculer, en sorte de dépasser les visions anecdotiques, les formats conventionnels du traitement médiatique de « la réforme des retraites », prendre en compte les limites que le cadre d’action syndicale pose aux mouvements sociaux. (voir plus loin)
Ces productions se présentent sous la forme de deux documents :
Le premier document consiste en une vidéo diffusée sur le site la France et la crise et intitulé « Face à la crise, la mobilisation sociale et ses limites – une analyse des contradictions syndicales ». voir ci-dessous.
Ce document présente l’intérêt de revenir sur l’enchaînement des mouvements de contestation antérieurs, sur les différences d’appréciation de stratégies entre bases syndicales et hiérarchies, il rapporte une pensée de recherche en évolution et pointe notamment :
les caractères incidents d’un syndicalisme affaibli, marqué d’un taux de syndicalisation à hauteur seulement de 8 % du salariat français, d’un taux d’abstention aux élections prud’hommales de 74,5 % en décembre 2008, le rappel du calendrier des luttes antérieures, les prégnances de leurs échecs « intériorisés », les désaffections, critiques et trahisons énoncées dans les bases ouvrières
les modifications récentes des règles de la représentativité syndicale, les instances élues et exclues, leurs conséquences sur la formation de l’Intersyndicale et son corollaire la plateforme revendicative
la stratégie de l’Intersyndicale dans ses lignes du « Maintien dans l’unité » des mots d’ordre à minima,
l’aversion des hiérarchies syndicales CGT pour la grève reconductible, la grève générale, le modèle guadeloupéen, les séquestrations patronales….
les croyances souveraines d’une réussite d’action collective dans la rencontre indépassable du couplage public/privé
les objectifs fixés de gagner « la bataille de l’opinion », le contrôle des orientations renvoyées aux mécanismes démocratiques internes…
les stratégies organisationnelles propres à perpétuer au cœur des luttes actuelles, la sempiternelle capitalisation des « adhésions »…
les « intériorisations politiques », la coupure avec le politique, le maintien de la barre sur l’autonomisation syndicale et son inscription dans les règles « du champ des relations professionnelles », « le dialogue social », les horizons difficilement franchissables des articulations politiques à trouver avec les mouvements sociaux
les habilités d’un gouvernement n’ayant pas enclenché ses réformes dans un package unique, l’absence de plan, devenu propice à contenir les syndicats dans des luttes sectorielles
les inadéquations des outils de lutte, formations mises en œuvre, mobilisées chez les syndicats dits représentatifs
les dégâts occasionnés par les stratégies des « poids lourds » représentatifs, leur recherche de reconnaissance gouvernementale via la production de discours de contre-expertises, s’entrechoquant paradoxalement avec les lectures systémiques de la crise, les réformes globales, les savoirs mobilisables et détenus par des organisations syndicales minoritaires… non habilitées à négocier…
les raisons qui incitent les organisations exclues à se maintenir dans l’intersyndicale comme habilitation dans leur quête en reconnaissance et visibilité sociétale…
Les points dégagés ici n’étant pas exhaustifs de la recherche produite, il est mis à votre disposition, ci-dessous , la retranscription intégrale écrite du document vidéo.
Ce deuxième document répond au genre de l’interview, des propos recueillis « à chaud » par l’animateur du site Contretemps : Cédric Durand [1].
Il présente à son tour, le mérite de situer la réforme des retraites dans un champs de problématisation beaucoup plus large, plus complexe, à même de tracer des perspectives d’action communes…
Voir : Contretemps : « Automne 2010 : anatomie d’un grand mouvement social »
Pour le détail, il est question ici aussi, d’un recadrage historique... Il s’agit de formaliser un rejet qualifié et étendu de la politique sarkozienne d’offensive libérale, une dé légitimation importante du pouvoir politique. Les chercheurs soulignent les ambiguïtés occultantes des pratiques syndicales « démocratiques »... l’originalité de la dynamique de lutte, de certains registres d’actions propres aux organisations syndicales, menés par exemple, par la fédération des industries chimiques, critique de la ligne du « syndicalisme rassemblé » et menacée par une désindustrialisation supplémentaire…le rejet d’un recours au blocage effectif de l’économie par le mouvement syndical....
Cette deuxième analyse révèle également la contribution agissante de certains médias comme Médiapart (NDLR : ils ne sont pas les seuls !) dans la construction des mouvements de solidarité, permet d’insister sur les dépassements nécessaires des vieux cadres conflictuels industriels, les intérêts des pratiques de démocratie ouvrière renvoyant aux grandes heures du mouvement ouvrier, l’attentisme et l’invisibilité des partis de l’opposition, les limites que le cadre d’action syndicale pose aux mouvements sociaux.
L’analyse poursuit également à nommer les responsabilités politiques nouvelles qui pourraient naître « si d’importantes fractions du mouvement syndical servent de catalyseur à l’élaboration d’un véritable agenda de transformation sociale ». [2]
Elle conclue enfin sur les nécessités, pour ces mêmes organisations syndicales, de délaisser la conquête de leur représentativité dans les entreprises, au bénéfice de l’ouverture d’un nouvel espace à occuper « celui d’une coopérative d’élaboration stratégique ».
http://passerellesud.org/Contre-la-reforme-des-retraites,52.html
[1] Cédric Durand est économiste, Maître de conférences à l’Université Paris 13. Animateur de la revue Contretemps et auteur du livre « le capitalisme est-il indépassable ? » paru aux éditions Textuel, collection "Petite encyclopédie critique".
[2] Formule posée dans la conclusion de l’interview de Cédric Durand
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