Conférences en ligne - Entrevues - mp3 - Hebdomadaire - Association pour le Maintien d’une Information Indépendante : AMII
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Philosophe historien, Bertrand Méheuste
travaille sur la faiblesse et la capacité d’effondrement des sociétés ainsi que sur l’histoire du psychisme et de la psychologie.
Un autre aspect de son travail concerne l’abandon de ce qu’il appelle la métapsychique
à la fin du 19e siècle.
Rencontre littéraire avec Bertrand Méheust. Entrevue réalisée autour de son ouvrage intitulé La nostalgie de l’occupation. Peut-on encore
se rebeller contre les nouvelles formes d’asservissement ? [1]. Propos recueillis par Passerellesud le 19 mai 2012 à l’occasion du
colloque organisé par Entropia pour la parution du N°12 Fukushima, fin de l’Anthropocène [2].
Bertrand Méheust Mp3 durée 18'06
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Le problème que j’essaie de présenter dans ce livre est le suivant : la question centrale est la question des seuils à partir desquels, une société peut se transformer. Dans le passé, nous avons pu observer que lorsque qu’une société arrivait à une espèce d’état d’incandescence, c’est seulement là, qu’elle pouvait refonder ses structures profondes : "apparaissance" de nouveaux modes de vie, de nouvelles structures politiques, de nouvelles formes d’organisations entre les êtres humains etc. (…) L’idée qui m’obsède est qu’en réalité, les sociétés modernes - dites démocratiques – sont des sociétés dans lesquelles on a trouvé une sorte de technologie sociale manipulatoire afin de les maintenir en dessous du seuil, à partir duquel, ce processus pourrait se déclencher. Mon idée centrale est une analogie, on pourrait la résumer comme ceci : de même que dans les centrales nucléaires on a trouvé un moyen de contrôler la température de manière à éviter que la fusion du réacteur se produise afin de produire de la chaleur, de même dans nos sociétés, on a trouvé des technologies sociales pour empêcher que l’on puisse accéder à ces seuils. (…) Tout le savoir accumulé par les sciences humaines depuis un siècle est réinjecté dans ce système de domination (...). A cause de cela, nous avons l’impression que ces sociétés ne peuvent plus parvenir à cet état, à partir duquel elles pourraient se transformer. Donc, malgré ce que nous croyons souvent - l’idée fausse que l’on se donne de nous mêmes - nous ne sommes pas des sociétés du changement, nous sommes des sociétés qui vont toujours dans la même direction. (...) L’expérience montre que les sociétés se transforment de cette manière, nous ne pouvons pas déclencher ces états, ce que nous pouvons faire est, de nous tenir prêts pour quand ils surgiront, s’ils surgissent encore (…). Alors, la question - là ou je pousse mon pessimisme méthodique jusqu’au bout – est, est-il encore possible dans nos sociétés d’accéder à de tels états ? Étant donné les transformations qu’elles ont subi, en raison de la technologie, des techniques de manipulation sociales etc., je pense que oui mais (...). "
Notes :
http://passerellesud.org/Bertrand-Meheust-La-nostalgie-de-l.html
[1] La nostalgie de l’occupation : Peut-on encore se rebeller contre les nouvelles formes d’asservissement ?, par Bertrand Méheust Coll. Les empêcheurs de penser en rond, La Découverte, 2012, 201 p., 14 euros. ISBN : 9782359250534
[2] Entropia, N° 12, printemps 2012 : Fukushima, fin de l’anthropocène, aux éditions Parangon/Vs, 208p., 15 euros. ISBN : 9782841902170
« Pour une civilisation sans monnaie »
Entropia