Conférences en ligne - Entrevues - mp3 - Hebdomadaire - Association pour le Maintien d’une Information Indépendante : AMII
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« Révolution tunisienne », « transition démocratique » ?
Selon Béatrice Hibou, auteure de La force de l’obéissance [1], la question de la qualification du mouvement de révolte tunisien importe moins que l’analyse des mécanismes d’une économie politique de la domination qu’elle nomme aussi « pacte de sécurité ».
Celui-ci, par ses « mécanismes d’inclusion » de la demande sociale (emploi, intégration, citoyenneté), a permis au régime de Ben Ali de tenir dans le temps, mais pour Béatrice Hibou, c’est principalement par ses effets inverses et simultanés de marginalisation, cumulés à l’échec de son modèle économique, que le régime tunisien prendra fin.
« Le mouvement a été vraiment un mouvement social des classes populaires marginalisées au départ, et ce n’est que très tardivement dans l’extension et l’arrivée à Tunis qu’il y a eu cette rencontre (avec les classes moyennes déçues NDLR) ».
Béatrice Hibou attire ensuite l’attention sur les enjeux majeurs auxquels se trouve confronté le peuple tunisien désormais, après le succès du combat mené par le mouvement social.
« Finalement les concepteurs du modèle économique sont toujours en place (…) on ne prend jamais le maquis quand on est grand entrepreneur (…) Là ou nous pouvons être très positivement impressionnés, c’est de voir comment ce mouvement populaire qui a ciblé ces lieux de l’exercice de la domination continue jusqu’à aujourd’hui ».
Béatrice Hibou est chercheur au CNRS affectée au Centre d’études et de recherches internationales de Sciences Po.
Béatrice Hibou Mp3 durée : 29'13
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Production, diffusion : Passerellesud média libre. Un document enregistré le 25 février 2011 à Paris à l’occasion d’une réunion débat tenue en présence de Sophie Pommier et Nahla Chahal organisée par La Société Louise Michel, la Fondation Copernic et les Éditions La Découverte.
Sophie Pommier et Béatrice Hibou ont étudié les systèmes tunisien et égyptien, la nature très particulière de leur appareil d’État, leur intrication avec l’économie (et la réalité du « miracle économique »), le rôle des grandes institutions comme le FMI.
Nahla Chahal a enseigné plusieurs années au Liban et est l’auteure de nombreuses contributions sur les États arabes.
http://passerellesud.org/Beatrice-Hibou-La-force-de-l.html
[1] Béatrice Hibou : La force de l’obéissance, Économie politique de la répression en Tunisie, un livre aux Éditions La Découverte, 372 p., ISBN : 9782707149244.
« Pour une civilisation sans monnaie »