Conférences en ligne - mp3 - Hebdomadaire - Association pour le Maintien d’une Information Indépendante : AMII
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L’agriculture productiviste c’est celle qui voit passer beaucoup d’argent mais il en reste peu ! C’est tout à fait le contraire de l’agriculture productive qui est basée sur la valeur ajoutée. »
Pour revenir à une agriculture plus autonome et se dégager de la dimension sacrificielle de l’utilitarisme - qui admet, au nom de la maximisation du bonheur du plus grand nombre et de l’impératif du développement, que soit sacrifiés une partie de la population ainsi que son milieu naturel - mais aussi pour dépasser le moralisme du nécessaire, du « c’est à cause des consommateurs » ou bien encore les incantations dogmatiques à la « croissance durable » [1] qui ne persuadent plus que ses partisans, André Pochon a fondé en 1982 le Centre d’Études pour le Développement d’une Agriculture Plus Autonome (CEDAPA).
Ses travaux portent sur l’élaboration de systèmes herbagers économes dont les objectifs de gains d’autonomie s’appliquent tant au niveau de la prise de décision (gestion économique de la ferme) que de l’autonomie en protéines pour les troupeaux (indépendance vis-à-vis des achats extérieurs comme le maïs ou le soja utilisés en agriculture conventionnelle). La méthode herbagère fondée sur l’utilisation des ressources locales en prairies et la valorisation du cycle naturel de production de l’humus permet par ailleurs de réduire l’usage d’engrais chimiques ou de pesticides pour réaliser une agriculture respectueuse de la nature.
En conclusion d’une recherche-action (Programme système terre eau) conduite par l’INRA en 1999, en partenariat avec le CEDAPA et le Conseil général des Côtes d’Armor, l’INRA valide la viabilité des systèmes herbagés.
Retraité, paysan éleveur devenu militant engagé pour le vivant, né en 1932, André Pochon est acteur et témoin du développement de l’économie de polyculture et d’élevage agricole autonome qui a brutalement été abandonnée à la fin des années soixante.
Il fait ici l’histoire de l’apparition du modèle intensif de production agricole soutenu par la PAC (politique agricole commune) et l’agrobusiness.
Il parle du mélange détonnant de monoculture, de spécialisations, d’exploitations hors-sol et autres substances chimiques employées depuis la fin des années soixante, première vague de « modernisation », « d’efficience économique maximale » agro-industrielle, responsable depuis, d’une part importante des dégradations portées à la nature, constatées aujourd’hui.
Enfin, il évoque les pistes d’une agroécologie [2], des contre-propositions à l’agriculture intensive qui permettent de sortir du productivisme.
Cet enregistrement produit et diffusé par Passerellesud a été effectué le vendredi 24 Septembre 2010 à l’université catholique de Lille dans le cadre d’une conférence débat intitulée « Monde rural : comment sortir du productivisme ? » animée par le journaliste Olivier Nouaillas en présence d’André Pochon et Jean-Bernard Bayard, Président de la chambre d’agriculture du Pas-de-Calais et secrétaire général adjoint de la FNSEA dont nous diffusons l’intervention à la suite de celle de Monsieur Pochon.
http://passerellesud.org/Andre-Pochon-pour-une-agroecologie.html
[1] Jean-Bernard Bayard, président de la chambre d’agriculture du Pas-de-Calais et secrétaire général adjoint de la FNSEA, Lille 24 Septembre 2010, Passerellesud.org, André Pochon : pour une agroécologie, sortir du productivisme ! document audio n°2
[2] Les racines de l’agroécologie admise comme science sont basées principalement sur les disciplines de l’agronomie et de l’écologie Cf. Wikipédia → Agroécologie
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